Dans la forêt de bouleaux du Manoir Hovey.

Dans la forêt de bouleaux du Manoir Hovey.

Je parle continuellement de l’importance du service et de l’hospitalité, et j’ai bien souvent le privilège de vivre des expériences qui incarnent ces deux actions. Mon séjour au Manoir Hovey m’a fait découvrir un art de recevoir et un art de vivre sans pareils, et ce dans les moindres détails.

© Ian Roberge 2013

Converti en auberge de campagne en 1950, le Manoir Hovey a d’abord vu le jour en 1900 en tant que résidence d’été d’une riche famille américaine. À l’époque baptisée The Birches (Les Bouleaux) à l’image de la forêt de bouleaux qui entoure la propriété, l’auberge compte aujourd’hui 37 chambres dont plusieurs avec vue sur le Lac Massawippi sur lequel il est d’ailleurs possible de faire de la pêche blanche.

Pêche sur glace

Récipiendaire de multiples distinctions à travers les années, l’hôtel 5 étoiles est membre Relais & Châteaux depuis 2008. Cette prestigieuse association française regroupe +500 hôtels de luxe et restaurants gastronomiques à travers le monde, dont le Manoir Hovey dans les Cantons-de-l’Est.

À notre arrivée, le concierge Marc-André nous escorte gentiment à notre chambre et prend soin de nous expliquer comment fonctionne le foyer central. Sitôt parti, nous nous empressons d’explorer les lieux: lit King recouvert d’un duvet en plumes d’oie, walk-in, machine Nespresso et le bain mes amis, LE BAIN! Pièce maîtresse de la salle de bain, la baignoire autoportante est plus qu’invitante, et c’est d’ailleurs dans celle-ci que nous terminerons notre soirée.

Mais d’abord, on se dirige vers le restaurant Le Hatley, afin de goûter la cuisine du terroir du chef exécutif Francis Wolf, nommé Jeune Talent 2017 selon le guide Gault & Millau. Nous nous installons près du foyer de l’élégante salle à manger dont les murs rappellent la forêt de bouleaux.

Restaurant Le Hatley

C’est d’ailleurs avec le sirop de bouleau produit par le chef et son équipe qu’est servi l’amuse-bouche de foie gras, avec pomme cuite et baies d’argousier. Son goût est plus complexe, voir corsé, avec une finale légèrement acidulée.

En entrée, chéri opte pour le thon obèse servi cru avec radis noir, navet rouge mariné, réduction de tomate et riz sauvage soufflé. Mon choix se révèle quant à lui le clou de la soirée, à savoir des couteaux de mer présentés sur du chou rouge émincé, avec une purée d’échalote au hareng fumé et un crumble à l’oignon brulé. Servi tiède pour mon plus grand bonheur, le plat est à la fois crémeux et croquant. La présentation est audacieuse, c’est la première fois que je vois le mollusque sans son coquillage.

Déposé sur une sauce à l’oursin, l’omble de l’Arctique est accompagné de carottes sauvages, chou Napa braisé et purée à l’argousier. La peau salée craque sous la dent, et se marie bien avec l’acidité de la baie orangée. De son côté, la longe de cerf se tient fièrement sur une réduction à la fleur de cerise sauvage, avec choux de Bruxelles fermentés, champignons sauvages et églantier.

Le repas se conclut par quelques fromages du Québec pour moi, et une panna cotta pour lui. Au parfum de rose sauvage, la crème cuite est recouverte d’un crumble de pistache et d’un sorbet à la fraise.

Le lendemain au réveil, on reçoit un appel comme tombé du ciel; Marc-André nous propose de nous apporter le petit déjeuner au lit. Jus de pamplemousse fraîchement pressé, viennoiseries, charcuteries, fromages et j’en passe. Quelle attention extraordinaire!

Petit déjeuner au lit

Jusqu’au 16 avril, le pub de Manoir Hovey, Le Tap Room, propose un brunch dominical de type cabane à sucre, où l’abondance et l’excès sont au rendez-vous. Le pub est en fait l’ancienne écurie de la propriété, comme en témoigne plusieurs décorations Western.

Premier service

Le menu en trois services comprend de la soupe au pois, du pork belly laqué au sirop d’érable, un superbe pain brioché grillé sur le poêle, du fromage en grain suant, des légumes marinés, une omelette au four, un jambon bière & érable effiloché, des saucisses, des patates rissolées dans la graisse de bacon, des légumes glacés au sirop de bouleau, un pouding chômeur et des pets de soeur fait avec de la pâte à biscuit dans du sirop de bouleau – OH. MY. GOD.

Chaque item est évidemment préparé avec finesse, tout en respectant les traditions de notre chère cabane à sucre québécoise.

Vous aurez donc compris que j’ai vécu un séjour à faire rêver, qui démontre un niveau d’hospitalité jusqu’ici inégalé. Merci du fond du coeur de nous avoir si bien reçu, nous ne sommes pas prêts d’oublier ces moments!


MANOIR HOVEY – 575 rue Hovey, North Hatley.

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