La fois où j’ai rencontré Massimo Bottura.

La fois où j’ai rencontré Massimo Bottura.

N O   M O R E   E X C U S E S

C’est ce qu’on peut lire sur le Refettorio Ambrosiano, une soupe populaire construite dans une quartier défavorisé en banlieue de Milan. Cette initiative est celle de Massimo Bottura, chef de Osteria Francescana à Modène, Italie, un restaurant qui compte trois étoiles Michelin.

Ce projet n’est pas une charité, c’est plutôt un projet culturel, puisque la culture est l’ingrédient principal de la cuisine:

Culture brings knowledge
Knowledge brings consciousness
Consciousness brings responsability

Au total, c’est 65 chefs de calibre international – pensez Redzepi, Ducasse, Adrià, Roca – qui se sont activés derrière les fourneaux pour nourrir les plus démunis avec des produits bien loin de ce qu’ils retrouvent chez eux: des restes de tables. Car la mission du Refettorio est de combattre le gaspillage alimentaire pour nourrir la planète.

Toujours active aujourd’hui, la soupe populaire a fait des petits: dans d’autres villes italiennes mais aussi à Rio au Brésil, à Détroit l’an prochain et peut-être même chez nous, à Montréal. Au-delà de nourrir les habitants du quartier, le Refettorio crée une communauté et un sens de la famille. C’est un projet qui transforme et change les perspectives, car la beauté est pour tout le monde.

C O O K I N G   I S   A N   A C T   O F   L O V E

Massimo Bottura Montréal


De passage à Montréal à titre de conférencier à C2 Montréal et dans le cadre de la série d’événements socioculinaires Theater of Life au Centre Phi, nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec lui:

Est-ce que Montréal est culturellement prête à combattre le gaspillage alimentaire?

Mais bien sûr! Montréal est une ville sociale avec des chefs incroyables comme Martin Picard, Normand Laprise, Charles-Antoine Crête et David McMillan. Dans mon top cinq d’expériences les plus folles, au moins deux sont ici!

Si nous sommes tous rassemblés pour parler de gaspillage alimentaire, c’est parce que nous voulons et pouvons passer à l’action. Jean-François de La Tablée des Chefs a même un local prêt à accueillir un Refettorio juste en haut du Marché Jean-Talon, dans la Petite-Italie en plus!

En conversation avec Jean-François Archambault (La Tablée des Chefs), John Winter Russell (Candide), Mitchell Davis (Fondation James Beard), Jeremy Charles (Raymonds) et Antonio Park (Park)

En conversation avec Jean-François Archambault (La Tablée des Chefs), John Winter Russell (Candide), Mitchell Davis (Fondation James Beard), Jeremy Charles (Raymonds) et Antonio Park (Park)

Quelles actions pouvons-nous poser en tant qu’individu?

Le gouvernement peut passer des lois (pour les épiceries par exemple), les chefs peuvent agir en tant qu’influenceurs et les médias peuvent communiquer le message. Les citoyens, quant à eux, peuvent s’assurer d’acheter les bons produits, et juste la bonne quantité (pour 1 ou 2 jours d’avance seulement).

Reconnectez avec les producteurs et les artisans de votre quartier, regardez ce qu’il y a dans votre frigo, soyez créatif et organisez, prenez le temps de nettoyer, laver et transformer, sensibilisez vos enfants, et utilisez les technologies (app pour frigo par exemple).

Qu’aimez-vous de Montréal?

J’aime que Montréal s’éloigne de la cuisine française, pour se tourner vers une cuisine faite à partir d’ingrédients locaux et de saison. À chaque fois que je reviens, je mange de mieux en mieux!

Quel conseil le Massimo d’aujourd’hui donnerait au jeune Massimo?

Comme un arbre, il faut prendre le temps de grandir: aller au Japon pour comprendre le poisson, aller en Italie pour confectionner des pâtes fraîches, etc.

Comment expliquez-vous que les chefs soit les nouvelles rock stars?

Nous ne sommes pas des artistes. L’artiste est libre, il crée ce qu’il veut. Le chef doit obéir à ce que veut le client, il n’est pas libre. L’art et la musique font partie de mon quotidien et influencent mon travail.

Est-ce que les insectes sont une solution pour nourrir la planète?

(Massimo ne sait que répondre, ma question le prend par surprise.) Vous demandez ça à un chef italien, nous sommes faits pour nous amuser!


If you can dream it, you can do it. – Enzo Ferrari

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